Archives de catégorie : Sociétés Secrètes

Le ku klux klan – secte racial

Le ku klux klan – secte racial

Né au XIX’ siècle, le Ku Klux Klan continue aujourd’hui encore d’exalter la suprématie de la race blanche. Et juge légitime l’usage de la violence. Le nom vient-il du grec ? A-t-il ete inspire par le folklore écossais ? Ce que l’on sait avec certitude, c’est que le Ku Klux Klan est fondé en 1866 à Pulaski dans le Tennessee. L’Union vient de remporter la victoire militaire. Les États du Sud, vaincus, contraints d’accepter l’émancipation des esclaves, subissent la reconstruction. A la tête du Klan, un Grand Sorcier, le général Nathan Bedford Forrest, qui a combattu dans l’armée confédérée. Sous ses ordres, des dragons, des titans, des géants et des cyclopes. Les membres revêtent de longues robes blanches, portent cagoule et ont pour objectif de terroriser les Noirs, leurs amis du Nord (les carpetbaggers) et du Sud (les scalawags). Ils recourent à des méthodes à la fois simplistes et brutales, allient le canular à la violence, agissent dans la nuit et le mystère, tabassent et assassinent pour empêcher que les esclaves d’hier puissent voter. Leur idéologie, un peu courte, est partagée par les Fils du Sud, la Société de la rose blanche, les Chevaliers de la croix noire, les Chevaliers du camélia blanc, etc. Autant de groupuscules qui témoignent des bouleversements que le Sud repousse. Le Klan rassemble alors environ un demi-million d’adhérents.

Le ku klux klan : secte racial

Les dérapages conduisent le gouvernement fédéral à interdire le Klan, qui disparaît en 1871. Il renaîtra de ses cendres en 1915. William Joseph Simmons est agent d’assurances, après avoir été prédicateur. Il vient de voir le film de David Griffith, Naissance d’une nation, et décide de fonder à Atlanta, avec seize compagnons, une société commémorative en l’honneur du Klan. Il met sur pied un rituel. qu’il dénomme le Kloran. Une hiérarchie complexe, avec ses kleagles, ses dragons, ses faucons, ses cyclopes, ses titans, ses kludds, ses klaliffs, etc., satisfait les penchants des uns et des autres pour l’ésotérisme. Les robes blanches et les cagoules sont vendues par les chefs.

Mais il faut attendre le début des années 1920, l’intervention de deux organisateurs talentueux, Edward Young Clarke et Elizabeth Tyler, pour que les adhésions affluent. On compte bientôt environ deux millions de membres, répartis, et c’est une nouveauté si l’on compare avec le premier Klan, entre le Sud, le Nord, le Middle West, voire l’Ouest. Le Klan est devenu une organisation nationale. Les membres du Klan viennent des campagnes, des petites et des grandes villes. Ils partagent la haine des étrangers, des Juifs, des catholiques, des adversaires de la prohibition, des syndicats, des subversifs et, bien sûr, des Noirs. Ils défendent un « américanisme à cent pour cent», à une époque où la xénophobie, le racisme et le fondamentalisme balayent les États-Unis. Mais le Klan est victime de son succès. Il a grandi trop vite, suscité des convoitises et engendré des malversations. De plus, la crise des années 1930 fait pencher les Américains du côté du réformisme. L’heure des transformations sociales a sonné. Le Klan faiblit, au point qu’on peut croire qu’il a cessé d’exister. Une fois encore pourtant, il ressurgit. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il participe à sa manière à une nouvelle croisade. Désormais, l’ennemi c’est le communisme. Mais le Klan ne manque jamais d’attiser les haines contre les Noirs, les Juifs, les Asiatiques, les Hispaniques, les libéraux. Il n’hésite pas à commettre des attentats et à se livrer à des actions terroristes. L’un des siens a tenté en 1978 de se faire élire au Sénat de Louisiane. David Duke a recueilli un tiers des voix. Onze ans plus tard, après avoir quitté le Klan « pour des raisons tactiques, dans l’intérêt de la cause de la suprématie blanche », il siège à la Chambre des représentants de cet État. Il préside une association pour le progrès des Blancs, bâtie sur le modèle de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People). Il réclame avec détermination que l’action positive en faveur des Noirs soit rangée dans le placard des idées défuntes et que cesse « la discrimination à rebours » dont les Blancs seraient les victimes.

Personne ne peut évaluer avec précision le nombre des adhérents du Klan, et moins encore de ses sympathisants. Ce qui fait sa force, ce sont les frustrations que ressentent certains Blancs, ruraux ou citadins. Ils ont l’impression que « les autres » bénéficient de la protection, de la bienveillance, des subsides du gouvernement. Ils croient dur comme fer qu’à Washington, des politiciens corrompus puisent à pleines mains dans les caisses publiques pour s’enrichir et servir leurs clients. Ils militent pour «préserver [les] filles blanches des hommes noirs, pour la pureté de la race ». Divisé, réduit à réunir des mécontentements mal formulés, incapable de tenir un rôle dans la vie politique, le Klan n’en exprime pas moins une dérive dangereuse. Mais il ne faut surtout pas surévaluer son influence.

Le ku klux klan : secte racial

Franc-maçonnerie – la société « discrète » secrète

Franc-maçonnerie – la société « discrète » secrète

Franc-maçonnerie : la société Depuis près de trois siècles, la franc-maçonnerie est la société secrète dont on parle le plus. Cette société initiatique suscite beaucoup d’intérêt et pourtant, la franc-maçonnerie est très mal connue. En effet, elle masque aussi bien ses origines que ses buts. Malgré tous ces mystères, la franc-maçonnerie s’avère être plus une confrérie élitiste et discrète que réellement secrète.

Les origines de la franc-maçonnerie:

Le terme « franc-maçonnerie » est ambigu, car il désigne deux choses sensiblement différentes : – Une société corporative dite « maçonnerie opérative » qui plonge ses racines dans le Moyen ge européen et sans doute bien au-delà. On sait aujourd’hui que la filiation entre francs-maçons et compagnons est très complexe.

– Une société de pensée dite « maçonnerie spéculative » qui est l’héritière directe de la première.

La maçonnerie, d’abord opérative (bâtisseurs médiévaux), admet (XVIe-XVIIe s.) des membres étrangers à l’art de bâtir, avant de devenir spéculative lorsque est fondée, à Londres, en 1717, une « Grande Loge », dont les Constitutions demeurent la charte de la franc-maçonnerie universelle. Une longue querelle interne, origine d’une scission, prit fin en 1813 avec l’Act of Union, constitutif de l’actuelle Grande Loge unie d’Angleterre, tenue pour la Grande Loge mère de toutes les grandes loges du monde.

La franc-maçonnerie est introduite vers 1725 en France par des jacobites émigrés. Malgré quelques difficultés avec la police, les loges prennent une rapide extension, mais connaissent aussi une scission et des difficultés. En 1773 est fondé le Grand Orient, autorité centrale destinée à rétablir l’ordre. Au XIXe s., les deux grandes obédiences sont le Grand Orient et le Suprême Conseil du Rite écossais ancien et accepté, fondé en 1804. La Grande Loge de France, fondée en 1894, conserve la formule du Grand Architecte de l’Univers qui n’est plus reconnu par le Grand Orient depuis 1877. En 1913, E. de Ribaucourt ressuscite une franc-maçonnerie régulière en France et constitue la Grande Loge nationale indépendante et régulière, qui prend en 1948 le nouveau nom de Grande Loge nationale française (G.L.N.F.), seule obédience française reconnue par la Grande Loge d’Angleterre. Ces scissions expliquent la diversité des rites maçonniques et des grades.

Franc-maçonnerie : la société

L’esprit de la franc-maçonnerie:

Au XVIIe siècle, en Angleterre, les guerres de religion font rage. C’est dans ce contexte que des hommes épris de tolérance créent des espaces de libre échange où toutes les confessions peuvent se réunir. Les fondateurs emploient le vocabulaire et les usages des anciennes corporations de maçons. Ces hommes savaient alors tailler la pierre tendre appelée « free stone ». On les nommait donc « free stone masons » ou « freemasons » c’est-à-dire francs-maçons. Mais les nouveaux maçons ne sont pas des ouvriers bâtisseurs mais des « gentlemen ». Ils défendent avant tout des valeurs d’humanisme, de tolérance et de fraternité. Parmi les maçons célèbres, on peut citer Benjamin Franklin, Mirabeau, Jules Ferry, Winston Churchill (de 1905 à 1908), Montesquieu, Voltaire, Arthur Conan Doyle, Mozart, Louis Armstrong, Ford ou Citroën, et beaucoup de présidents américain. Les fondateurs de la franc-maçonnerie moderne revendiquent l’héritage de tous les maçons qui les ont précédés. Ils ont ainsi élaboré un parcours initiatique menant du grade d’apprenti à celui de maître, à l’image des ouvriers bâtisseurs d’autrefois.

L’initiation maçonnique:

Lors de l’initiation, le profane devient un initié. Le profane est reçu avec un bandeau sur les yeux et subit les épreuves de la terre, de l’eau, du vent et du feu. Il meurt alors symboliquement pour renaître franc-maçon et devient apprenti. Cette première phase peut durer de quelques mois à plusieurs années. Durant tout ce temps, l’apprenti doit garder le silence afin de comprendre les règles de fonctionnement de la loge. Quand il devient compagnon, il peut exercer son droit de parole. De là, il peut passer maître et approfondir son engagement. Au 18e siècle, ces trois grades ont été enrichis d’une pyramide de hauts grades. Ainsi, le Rite écossais Ancien et Accepté, qui est le plus pratiqué dans le monde, comprend 33 grades, de l’apprenti au souverain grand inspecteur général. Plusieurs titres évoquent les Templiers comme « grand commandeur du temple » mais également les Rose-Croix « chevalier Rose-Croix ». Ce sont des emprunts mais il n’y a aucune filiation réelle entre les Templiers ou la Rose-Croix et la franc-maçonnerie. les maçons d’une certaine époque ont délibérément crée (inventé) de toutes pièces la filiation avec l’ordre du temple. À la tête de chaque loge se trouve un vénérable, assisté d’un collège d’officiers. À la tête de chaque obédience se trouve un grand maître. Le grand maître de la Grande Loge de France est assisté d’un Conseil fédéral, celui du Grand Orient d’un Conseil de l’ordre, qui jouit de la réalité du pouvoir. Une fois l’an se tient la Tenue (ou Assemblée) de Grande Loge, appelée « convent », à la Grande Loge de France et au Grand Orient. Les obédiences féminines ou mixtes qui existent ici ou là ne sont pas reconnues.

Franc-maçonnerie : la société

Les symboles de la franc-maçonnerie:

Cette société comporte de nombreux symboles qui doivent permettre aux membres de se comprendre au-delà des barrières sociales. Certains sont hérités de la kabbale ou de l’hermétisme mais la plupart proviennent des outils des tailleurs de pierre. L’équerre qui symbolise la rectitude morale ou le compas qui symbolise la maîtrise de soi. L’inspiration biblique est rappelée par les deux colonnes qui ornent l’entrée des loges. On trouve également le soleil et la lune, car les maçons travaillent de » midi à minuit ».

Les actions de la franc-maçonnerie:

Les relations de la franc-maçonnerie avec l’Église catholique romaine ont toujours été difficiles. Plusieurs fois condamnée par les papes au XVIIIe et au XIXe s., la franc-maçonnerie semble bénéficier, depuis le concile Vatican II, de la part des catholiques, d’un préjugé plus favorable, Rome restant cependant réticente, notamment à l’égard des loges « anticléricales ». Il est vrai qu’au XIXe siècle, les francs-maçons français sont majoritairement anticléricaux. Ils participent, en France, activement au débat sur la laïcité à l’école. De nombreux hommes politiques sont alors francs-maçons. Les frères ont un engagement républicain et seront les victimes d’une « chasse aux sorcières ». En 1922, le parti communiste interdit à ses membres d’être franc-maçon. L’Église catholique excommunie les membres. Cette mesure ne sera d’ailleurs levée qu’en 1983. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vichy a lancé une campagne anti-maçonnique et a dissout les obédiences maçonniques françaises, sous l’impulsion allemande. De nombreux francs-maçons ont été déportés et sont morts en camps de concentration. À tel point, qu’à partir de 1945, la franc-maçonnerie décimée, mettra plusieurs dizaines d’années à reconstituer ses rangs. Les effectifs sont estimés aujourd’hui à plus de 6 millions, majoritairement aux États-Unis. Les loges, en France, sont pour la plupart des associations loi 1901 et il n’y a nul secret sur les noms des membres, déposés en Préfecture. Les loges maçonniques rassemblent plus de 120 000 personnes fédérées en différentes obédiences :

Le Grand Orient à tendance laïque

La Grande Loge plus spiritualiste

La Grande Loge féminine

Le Droit humain, obédience mixte la plus importante

La Grande Loge nationale française plus traditionaliste

Il est certain que certains francs-maçons ont voulu utiliser leur appartenance à des fins politiques ou économiques. Certains ont eu des rapports houleux avec la justice. Ces écarts de conduite qui ne font que refléter notre société et non la franc-maçonnerie par elle-même sont autant de points négatifs qui jettent la suspicion sur cette société . Malheureusement elle représente surtout un ascenseur social pour une élite oligarchique de nos jours.

Sources bibliographiques:

Histoire de la franc-maçonnerie française, Paris, PUF, R.Dachez, 2003. Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Paris, E.Saunier, Le livre de Poche, 2000. Les Sociétés Secrètes, Editions Larousse 2005. Les origines mystérieuses de la franc-maçonnerie, Editions Atlas, 1982.